Abbas Ben Cheikh (de 1982 à 1989)

Recteur de la Grande Mosquée de Paris de 1982 à 1989

Cheikh Abbas Bencheikh-El Hocine naît en 1912 à Constantine, Algérie, dans une famille confrérique établie dans la région depuis le XVIIIe siècle.

Il poursuit des études à l’Université Zitouna de Tunis puis à l’Université Qaraouine de Fès, où il acquiert une solide formation en théologie, en langue arabe et en philologie.

Retournant en Algérie, il devient professeur au sein de l’Association des Oulémas algériens et exerce à Constantine puis à Tlemcen. Il sera nommé plus tard inspecteur général des écoles de l’association. En tant que Vice-Président de l’association, il se rend à Paris et participe aux travaux qui aboutissent à la Déclaration universelle des Droits de l’Homme le 10 décembre 1948.

Cheikh Abbas intègre le mouvement nationaliste algérien et le gouvernement provisoire de la république algérienne, dont il est l’ambassadeur auprès de l’Arabie Saoudite. Après l’Indépendance de l’Algérie, il est nommé délégué permanent de la Ligue des États arabes en 1965, puis conseiller à la Présidence de la République en 1966. Démissionnaire de son poste de Président du Conseil supérieur islamique en 1969, il s’oppose à l’ingérence du parti dans les questions religieuses et prend ses distances de la vie politique. Il se consacre alors à la Grande Mosquée d’Alger dont il devient l’un des imams.

En 1984, Abbas Ben Cheikh est choisi à la tête de la Grande Mosquée de Paris.

Il organise le premier rassemblement des musulmans de France le 14 décembre 1985 à Lyon. Ce grand rassemblement, qui allait en appeler d’autres, pose les principes d’un Islam en France fait d’ouverture, d’intelligence et de spiritualité, pour une société fraternelle et prospère.

Au cours de son rectorat, il se distingue pour son rôle de médiateur infatigable entre la France et l’Algérie. Il œuvre ainsi pour régler le douloureux problème du divorce au sein des familles bi-nationales en défendant le droit des mères françaises dont les enfants avaient été amenés en Algérie après divorce. Il intervient également pour faciliter le séjour en Algérie de nombreux Français qui l’avaient quitté depuis 1962.

Il travaille au renouveau des structures et des services de la Mosquée en créant une deuxième salle de prière et une nouvelle salle d’ablutions. Il permet également à l’institution de bénéficier d’un budget spécifique provenant du ministère des Habous de l’Algérie et de se doter d’un corps d’imams algériens détachés en France pour les besoins des associations musulmanes du pays.

Ce grand Recteur, très versé dans les sciences religieuses, fin lettré, éloquent orateur, meurt brutalement à Paris au moment de la visite de Yasser Arafat le 3 mai 1989.