La Nuit Blanche à la Grande Mosquée de Paris en images

Pour la 19e édition de la Nuit Blanche organisée par la Ville de Paris ce samedi 03 octobre 2020, la Grande Mosquée de Paris a accueilli l’installation artistique L’Oasis d’Ariane Michel. Le succès fut au rendez-vous avec de nombreux visiteurs venus découvrir et ressentir d’une autre manière la beauté des lieux, malgré les contraintes sanitaires, jusqu’au milieu de la nuit.

L’Oasis

Pour la Nuit Blanche, Ariane Michel s’empare des espaces publics de la Grande Mosquée de Paris en s’appuyant sur les parcours de l’eau, importants dans ces lieux. Le Jardin, le Grand Patio, la bibliothèque et la salle de conférences sont investis par des interventions où le son et les images articulent en contrepoint les vies de l’eau et la sécheresse. Entre présence et absence, on y fait, par des voies détournées, une sorte de double voyage : d’un côté le mouvement naturel de l’eau descendant des ciels d’orage aux tréfonds de la terre et des océans, de l’autre le mouvement inverse des excavations humaines qui remontent les minéralités enfouies. Comme sur un fleuve devenu aride, l’urbanisation semble construire ici, par l’image, une sorte de désert, tandis que les sonorités de l’eau, reproduites à l’aide d’objets et matériaux issus de la civilisation, envahissent l’espace et dialoguent avec les lieux. Dans les interstices, des humains cherchent ici, entre rituels de purification, gestes techniques et travaux d’écriture, à redéfinir leur place dans ce monde. La frontière entre les mondes « naturels » et « artificiels » s’estompe, sur le fil d’une inspiration mystique.

Ariane Michel

Née en 1973 à Paris, Ariane Michel vit et travaille entre Paris et le Finistère. Artiste vidéaste, elle réalise des films et des installations qui mettent en jeu nos manières de percevoir le monde. Bêtes, plantes, minéraux… Ariane Michel nous propose d’investir des territoires non-humains avec les outils du cinéma. Manipulant ainsi la perception, l’échelle et la hiérarchie des êtres, elle implique le spectateur dans de nouvelles géographies mentales qui brouillent les frontières de « la Nature » et décousent patiemment le rapport anthropocentré au monde que nos civilisations européennes ont construit.

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