Le Conseil d’État refuse l’ouverture des mosquées pour la « Nuit du Destin »

Communiqué

« Nuit du Destin » :
le
Conseil d’État n’autorise pas l’ouverture des mosquées

Depuis le début de la pandémie en 2020 et en particulier pendant ce mois de Ramadan, la communauté musulmane a apporté la preuve qu’elle était exemplaire dans le respect des consignes sanitaires.

Constatant que l’épidémie était maintenant entrée dans une phase de recul, avec d’importantes mesures de « déconfinement » à venir comme l’ouverture des terrasses le 19 mai prochain, il semblait à la Grande Mosquée de Paris qu’une dérogation était envisageable pour la célébration de la « Nuit du Destin » : en l’occurrence un aménagement du couvre-feu de quelques heures (21h à 02h) pour se rendre dans les mosquées la nuit du 8 au 9 mai, accompagné de consignes sanitaires strictes.

Le juge étant le garant des libertés, je devais cette garantie aux fidèles : j’ai donc engagé une procédure de référé devant le Conseil d’État. La procédure a été très rapide, mais elle a conduit à un véritable approfondissement du dossier. En particulier, nous avons dû estimer, avec le ministère de l’Intérieur, que la demande concernait vraisemblablement 200 000 personnes en France.

Le Conseil d’État, qui par ailleurs centralise les informations sur l’épidémie de Covid-19, vient de juger, ce jeudi 06 mai 2021, que l’état sanitaire lui parait trop précaire pour autoriser un tel aménagement.

Je prends acte de cette décision et informe à chacun que toutes les démarches et les vérifications ont été tentées pour permettre à tous les musulmans de France de célébrer la « Nuit du Destin » dans leurs mosquées.

À l’occasion de sa décision, le juge des référés rappelle que la liberté de religion inclut « le droit de participer collectivement à des cérémonies en particulier dans les lieux de culte ». C’est donc une démarche normale pour les musulmans que de s’adresser au juge quand est en cause la pratique des cérémonies dans les mosquées. Je suis très sensible à la qualité du débat que nous avons eu devant le juge des référés.

Pour moi, pour tous les musulmans, la « Nuit du Destin » compte plus que tout, mais sa pratique ne peut se faire que dans le respect des règles. La règle a été vérifiée, la règle doit s’appliquer.

Qu’Allah veille sur nous tous et nous apporte Sa miséricorde.

 

Chems-eddine HAFIZ
Recteur de la Grande Mosquée de Paris